Russell Hobbs Desire : notre test complet
Le Russell Hobbs Desire 24730-56 occupe une position singulière sur le marché du robot multifonction d’entrée de gamme. À 79,90€, il ne se contente pas de proposer un bol et un couteau : la boîte contient un blender de 1,5 litre, trois disques métal, un pétrin et un disque émulsionneur. Autrement dit, un équipement que la plupart de ses concurrents directs réservent à des modèles vendus 130€ ou plus.
Nous l’avons mis à l’épreuve sur les préparations qui révèlent réellement les limites d’un appareil de cette catégorie : hachage d’oignons, râpage de gruyère, pâte à pizza, mayonnaise, velouté de courgettes. L’objectif était simple — déterminer si un moteur de 600W tient ses promesses face à un accessoirage aussi complet.
Avec une note moyenne de 4,2/5 sur près de 1 000 avis Amazon, le Desire s’est installé durablement dans le haut du panier de sa tranche de prix. Reste à savoir ce que cette note recouvre concrètement.
Ce que contient réellement la boîte
C’est le point où le Desire prend l’avantage, et il faut le détailler précisément car c’est là que se joue son intérêt.
Le bol principal de 2,5 litres accueille un couteau en acier inoxydable à deux ailes, destiné au hachage et au mixage de la viande, du poisson et des légumes. Trois disques métal complètent l’ensemble : un disque trancheur pour les légumes et les fruits, un disque à râper pour les carottes et les fromages à pâte pressée, et un disque parmesan spécifiquement conçu pour les fromages durs.
Viennent ensuite deux accessoires que l’on ne trouve presque jamais à ce prix. Les lames de pétrissage permettent de travailler une pâte à pain ou à pizza sans transvaser dans un autre appareil. Le disque émulsionneur monte les blancs, les crèmes fouettées et les mayonnaises — une fonction généralement absente des robots à moins de 100€.
Enfin, le bol blender de 1,5 litre est gradué et doté d’une ouverture dans le couvercle, ce qui permet d’ajouter un filet d’huile ou de liquide moteur en marche. C’est un détail d’usage qui change beaucoup de choses pour les vinaigrettes et les soupes.
L’appareil est garanti 2 ans, fabriqué par Spectrum Brands, et affiché dans un coloris rouge et noir plutôt réussi pour cette gamme.
Hachage et mixage
Sur les tâches de hachage courantes, le Desire fait le travail sans discussion. Deux oignons moyens sont hachés régulièrement en quelques impulsions, sans réduire une partie en purée pendant que l’autre reste en gros morceaux — un défaut fréquent sur les robots bon marché.
La viande passe correctement également : 300 g de bœuf pour un steak haché maison donnent une texture homogène en une vingtaine de secondes. La règle à retenir est de découper les aliments en cubes de 2 à 3 cm avant de les engager, car le couteau ne mord pas efficacement sur des blocs entiers.
Râpage et tranchage
Les trois disques métal constituent la vraie bonne surprise. Le disque trancheur produit des rondelles de courgette et de pomme de terre d’une régularité sérieuse, sans les épaisseurs variables qu’on observe souvent sur des disques plastique. Le râpage du gruyère est propre et rapide.
Le disque parmesan mérite une nuance. Il fonctionne, mais c’est sur cette tâche que les 600W se font le plus sentir : sur un morceau de parmesan bien sec, il faut pousser modérément et accepter d’y aller en deux passages. Le moteur ne cale pas, mais il travaille manifestement à sa limite.
Pétrissage
C’est le point qui demande le plus de discipline. Les lames de pétrissage gèrent bien une pâte à pizza de 300 à 400 g de farine : en 3 à 4 minutes, la pâte se forme, s’assouplit et se décolle des parois. Au-delà de 400 g, le moteur peine visiblement et il faut fractionner.
Ce n’est pas un défaut du produit, c’est une caractéristique de sa catégorie. Un robot de 600W avec 1,5 litre de capacité utile n’est pas dimensionné pour du pain hebdomadaire en gros volume. Notre guide du robot de cuisine pour le pain maison précise les seuils au-delà desquels un modèle plus puissant devient indispensable.
Émulsion et blender
Le disque émulsionneur monte une mayonnaise en moins de deux minutes, avec l’ouverture du couvercle qui permet de verser l’huile en filet continu — exactement la méthode requise pour une émulsion stable.
Le bol blender assure les soupes froides, les compotes et les milkshakes sans difficulté. Sa limite est nette en revanche sur les glaçons et les fruits congelés : le moteur ralentit et le résultat reste granuleux. Il faut voir ce blender comme un complément pratique, pas comme un substitut à un blender dédié.
Les deux vitesses : une limite assumée
Le Desire propose 2 vitesses et une fonction pulse. Il n’y a pas de molette progressive, pas de programmes automatiques, pas d’écran.
À l’usage, cette simplicité est moins pénalisante qu’il n’y paraît. La vitesse 1 couvre le tranchage, le râpage et le pétrissage ; la vitesse 2 gère le mixage, l’émulsion et le blender. Le pulse permet de contrôler finement la texture d’un hachage.
La véritable contrainte se situe ailleurs : sans réglage intermédiaire, on ne peut pas ajuster finement le régime sur des préparations délicates, comme des herbes fraîches qu’on voudrait ciseler sans les réduire en purée. Le pulse compense partiellement, mais il demande de l’attention.
Construction et durabilité
Il faut être direct sur ce point : la structure du Desire est majoritairement en plastique. Le bloc moteur, le bol et le couvercle n’ont ni le poids ni la sensation de solidité d’un Magimix ou d’un Bosch de gamme supérieure. Les pieds antidérapants remplissent correctement leur rôle et l’appareil ne se déplace pas sur le plan de travail en charge, mais les mécanismes de verrouillage demandent de la douceur.
Les disques et le couteau sont en revanche en métal, ce qui est le point qui compte le plus pour la longévité : ce sont les pièces qui s’usent en premier sur les robots d’entrée de gamme, et Russell Hobbs n’a pas économisé dessus.
Concrètement, cela signifie que le Desire est un appareil à traiter avec un minimum de précaution — respecter les charges maximales, ne pas forcer sur le verrouillage — plutôt qu’un outil à l’épreuve de tout. À 79,90€, l’arbitrage est cohérent.
Nettoyage au quotidien
Tous les accessoires amovibles passent au lave-vaisselle : bol, couvercle, couteau, disques, pétrin, émulsionneur et bol blender. Seul le bloc moteur reste à nettoyer à l’éponge humide, sans jamais l’immerger.
Le réflexe qui fait la différence est de rincer les disques métal immédiatement après usage. Les résidus de carotte, de fromage ou de pâte crue durcissent en séchant et deviennent nettement plus difficiles à déloger, y compris au lave-vaisselle.
Face à la concurrence
Dans la tranche des 70 à 100€, le Desire se compare essentiellement au Bosch MCM3501M et au Moulinex Double Force.
Le Bosch MCM3501M offre un moteur plus puissant et une construction plus rassurante, mais un accessoirage plus restreint à équipement de base. Le Moulinex Double Force FP825E10 monte nettement en puissance et en capacité, pour un budget supérieur.
Le Desire gagne sur un terrain précis : le nombre d’accessoires métal livrés pour le prix. Si votre priorité est de couvrir un maximum de tâches — hacher, trancher, râper, pétrir, émulsionner, mixer — sans dépasser 80€, aucun concurrent direct n’offre autant dans la boîte.
Pour qui est-il fait ?
Le Russell Hobbs Desire s’adresse à trois profils bien identifiés.
Les premiers équipements d’abord : étudiants, jeunes foyers, résidences secondaires. Il permet de découvrir l’ensemble des usages d’un robot multifonction sans engager le budget d’un modèle premium.
Les cuisines d’appoint ensuite : ceux qui possèdent déjà un robot cuiseur et cherchent un second appareil pour les tâches froides — râper, trancher, émulsionner — sans monopoliser la machine principale.
Les foyers de 3 à 4 personnes enfin, qui cuisinent régulièrement en quantités modérées et n’ont pas besoin de pétrir un kilo de farine chaque semaine.
Il n’est en revanche pas fait pour ceux qui veulent une fonction cuisson — le Desire ne chauffe pas — ni pour les gros volumes réguliers. Si ces critères sont déterminants, notre guide du robot de cuisine à petit budget et notre guide pour débuter avec un robot de cuisine vous aideront à cadrer le bon choix.
Verdict
Le Russell Hobbs Desire tient une promesse claire : livrer un robot multifonction réellement complet sous la barre des 80€. Le couteau inox, les trois disques métal, le pétrin, l’émulsionneur et le blender de 1,5 litre composent un ensemble que ses concurrents directs ne proposent pas à ce tarif.
Ses limites sont tout aussi nettes et parfaitement assumées : 600W qui imposent de fractionner les charges lourdes, deux vitesses sans réglage progressif, et une construction plastique qui demande du soin. Ce ne sont pas des défauts cachés, ce sont les contreparties logiques du prix.
Note finale : 4,2/5. Un excellent premier robot multifonction, à condition d’accepter de travailler par petites quantités.
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